jeudi 25 août 2016

Le jour où je me suis mise à épargner

Encore une fois, les réseaux sociaux ont frappé. Pour la bonne cause. Le début d’année 2016 a été marqué par une effervescence d’articles concernant une méthode pour épargner 1392€ par an. Le concept vient de je ne sais plus quel pays (USA ?) et avait pour logique d’épargner chaque semaine le montant correspondant au numéro de la semaine. Ainsi, en semaine 1, on épargne 1 €, en semaine 2, 2€ soit un total de 3€ épargnés sur 3 semaines, en semaine 3, 3€ soit 6€ etc. 

J’ai été emballée par l’idée, puis j’ai réalisé que ce n’était pas très logique, car pas régulier. Or, on a tous des mois plus critiques que d’autres dans l’année. Entre le mois des anniversaires, celui de la régularisation EDF ou des impôts, Noël … les dépenses peuvent donc varier et notre capacité à épargner également. 

En tant qu’assistante sociale, je suis amenée à aider de nombreuses familles à gérer un budget, et souvent un budget serré, restreint, amputé, voire inexistant. Personnellement, on a de la chance d’avoir 2 salaires corrects et (pour le coup) pas encore d’enfants. Certes, on a des charges assez importantes, mais on ne s’en sort pas trop mal. Sauf que jusque-là, on n’épargnait jamais. Si on finissait un mois dans le positif avec +100 ou +200€, l’argent restait à dormir sur le compte courant. Dommage. 

J’ai donc décidé d’opter pour adapter cette méthode à quelque chose qui nous correspondait plus, à savoir une épargne fixe mensuelle. Comme je trouvais sympa le concept d’avoir la capacité d’épargner malgré tout 1392€ sur l’année, j’ai décidé de me baser sur cette somme, et de la diviser en … douze, tout simplement. On arrive donc à 116€ d’épargne par mois. J’ai aussitôt préparé les virements mensuels depuis notre compte, et l’aventure a commencé. 

Après 7 mois d’utilisation de cette méthode, nous avons eu le plaisir d’épargner 812€ !
A cette épargne s’ajoute l’épargne que j’appelle occasionnelle : primes, paiement de l’électricité fournie à ERDF par le biais de nos panneaux solaires, argent reçu en cadeau etc. Une fois lancée, on ne m’arrête plus. J’arrive même parfois à mettre de côté ce qui restait sur le compte à la fin du mois (bon, malheureusement ça n’arrive pas tous les mois …merci les imprévus !)
Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, nous avons décidé de faire ce même système, sur un autre type d’épargne cette fois, en capitalisant la somme que nous avons gagné chaque mois grâce à notre rachat de prêt immobilier, soit 115€. Étant donné qu’on arrivait déjà à payer cette somme tous les mois, autant s’en servir pour la bonne cause !



Et toi, l’épargne, ça te parle ? Pas toujours facile à concilier épargne et crise économique …  

lundi 15 août 2016

Le jour où j'ai entamé une correspondace

« Dans mon jeune temps, comme disent les vieux … » N’empêche que les vieux, ils ont raison. Dans mon jeune temps, à une époque où Internet n’existait (presque) pas (et quand il existait, le modem faisait du bruit, la connexion était aussi rapide qu’une voiture sans permis sur une route de campagne, et on devait partager 10 à 20h de connexion pour toute la famille …), une époque où Facebook et Instagram ne dirigeaient pas nos vies, une époque où les portables n’étaient pas des smartphones et où les SMS coûtaient chers (et que ton forfait 30 minutes 30 SMS coûtait aussi cher) … bref, à cette époque-là, quoi … Je passais mon temps à écrire. Je recevais même très souvent du papier à lettre pour mes anniversaires ou d’autres occasions à fêter. J’en avais des tas de différents. Certes, un peu kitch, mais quand on a 10 ans, on aime les trucs un peu cucul la praline. J’écrivais à ma tante, à ma grand-mère, à mes amies d’enfance laissées un peu partout le long du chemin, à force de déménager tous les 3 ans … L’été, on s’envoyait des cartes postales, du coup, j’ai une valise entière de cartes postales de tous les horizons. A nos anniversaires, on recevait des cartes, de toute la famille, tout le monde y pensait. Et même les amis. 

Et même en grandissant, j’ai continué à écrire. J’ai entretenu des correspondances avec certaines amies éloignées pendant des années. Mais Facebook et la facilité ont pris le dessus.
Et j’étais en manque. En manque de vrais contacts humains. Facebook a beau avoir ses avantages, il ne remplace en rien le plaisir d’ouvrir sa boîte aux lettres et d’y trouver une lettre avec les confidences de quelqu’un. J’aime ouvrir la lettre avec précaution, me poser dans le canapé et lire la lettre, une fois, deux fois, dix fois, jusqu’à ce que j’en sois totalement imprégnée.
Souvent, quand je lis une lettre, j’imagine la personne qui me l’a écrite. Soit je l’imagine, elle, en train d’écrire, soit j’imagine la scène qu’elle me raconte. J’aime reconnaître une écriture, toucher le papier, qu’il soit glacé ou presque froissé. 

La modernité n’a pas que des défauts. La preuve, grâce à la blogosphère, j’ai rencontré un tas de chouettes personnes. Certaines sont toujours « virtuelles » mais d’autres sont désormais des amies bien réelles, toujours présentes et avec qui on passe de supers moments. Mais parfois, la distance empêche les vraies rencontres, et c’est frustrant. C’est ce que j’ai expérimenté en rencontrant virtuellement une adorable personne sur son blog. Très vite, je me suis sentie connectée à elle. Alors un jour, j’ai sauté le pas et je lui ai écrit une lettre. Et depuis, une correspondance est née et j’espère qu’une amitié aussi, un peu moins virtuelle, un peu plus sincère et belle. Passer par la plume manuscrite me permet de me sentir plus proche d’elle. J’ai parfois l’impression d’avoir papoter une heure au téléphone avec elle. Peut-être un jour cela sera le cas. Peut-être un jour nous rencontrerons nous réellement. En attendant, on apprend à mieux se connaître aux travers de nos récits, plus intimes que ceux d’un blog (oui, oui, c’est possible !!!)

Certes, je n’ai pas été très régulière ces derniers temps, me laissant submerger par pleins de choses, mais aujourd’hui, cette correspondance va rentrer dans ma routine. Parce que je suis toujours en joie quand je reçois une lettre de sa part, agrémentée d’une photo, d’un partage quelconque. Parce que je suis toujours enthousiaste quand je lui écris et que je peux aussi écrire et confier des choses que je ne dis pas autrement. 

Je lui ai réservé une boîte, dans laquelle je range tous ses courriers. Une boîte rien que pour elle, car à travers cette correspondance, elle est désormais spéciale pour moi.

vendredi 12 août 2016

Le jour où je reste seule

Enfant et adolescente, j’ai souvent vu ma mère rester « seule », c’est-à-dire sans mon père, plusieurs jours par mois. Mon père étant souvent en déplacement, il lui arrivait de s’absenter 2 à 3 jours par semaine, parfois moins, parfois plus. J’ai toujours vécu ainsi, et j’ai été élevée ainsi. D’ailleurs, ma mère nous a beaucoup et souvent élevé seule, avec mon frère, là aussi du fait du métier prenant de mon père. 

La première fois que je m’en suis rendue compte, c’est au collège. J’avais invité une amie à dormir à la maison. Cette dernière tardait à me donner sa réponse. Un jour elle me dit que sa mère est ok, mais qu’elle doit en parler avec son père. Sur le coup, je n’ai pas compris … Ses parents n’étaient pas divorcés. Moi, il me suffisait de demander à ma mère (ou à mon père quand il était là), et l’accord d’un des deux suffisait. Je partais du principe qu’ils communiquaient entre eux et se tenaient informés. Et que si ma mère avait besoin de demander son avis à mon père, dans ce cas-là, elle différait la réponse à nos demandes pour lui en parler avant. Mais voilà, j’ai compris que dans les autres familles, les deux parents étaient tout autant impliqués au quotidien. Chez nous, mon père se chargeait de nous amener à l’école le matin. Il rentrait le soir vers 20h, on dinait, on passait un moment en famille et au lit. On profitait de lui les dimanches. En détente. 

Bref. Je parle de ça mais ce n’est pas le sujet de mon article. Même si je pourrais rajouter que du coup, en étant désormais mariée à Charmante Compagnie, j’ai compris que je ne pourrais pas calquer le mode de fonctionnement de mes parents. Car ça ne convient pas à Charmante Compagnie qui a envie que les décisions soient prises conjointement. Pour tout, ou presque. Il m’a quand même fait récemment un caca nerveux pour une histoire de déco … Un meuble que j’ai changé de place dans la salle de bain, sans le concerter. Je ne voyais pas le problème … Ce meuble ne changeait en rien la vie de mon mari. Mais soit. J’ai compris et accepté. Je ne suis pas seule, nous sommes deux.
Et c’est là que je veux en venir. Depuis 5 ans, je suis deux. Nous ne formons qu’un avec Charmante Compagnie. C’est à la fois attendrissant et pesant. C’est pour ça aussi qu’on a besoin de nos temps individuels … lui le volley, moi mes amies … Parfois, j’avoue aussi que ça me saoule de devoir toujours faire quelque chose avec l’autre, le soir. Parfois, j’ai juste envie de vaquer à mes petites affaires, comme lorsque j’étais célibataire. Alors, on s’accorde ces temps-là. Lui joue à ses jeux vidéo, et moi je regarde une série, je blogue, je lis, je tricote, je tri, je range et dérange mon atelier.

Seulement voilà, malgré tout ça, on ne s’est séparé que très rarement, depuis que l’on habite sous le même toit. Nous y avons été contraints une fois, en 2014, quand Charmante Compagnie a dû partir 5 jours en formation. J’étais tellement paniquée à l’idée de rester seule, que j’ai migré avec ma chienne chez mes beaux-parents, et je me suis fait chouchouter. Je ne me serai pas vue seule, chez nous, sans lui. Par la suite, nous avons passé également 2 weekends séparés, en 2014, pour nos enterrements de vie de jeune fille et de garçon. On s’en est presque pas aperçus car nous étions bien occupés et entourés.
Et puis, cette année, Charmante Compagnie a décidé de s’investir plus dans sa société et il est désormais délégué du personnel. Il a donc des réunions tous les mois à Paris. Il part donc 2 jours et une nuit. Au début, j’ai cru que je n’y arriverai pas. Et puis, je me suis engueulée. Depuis quand étais-je devenue ce genre de desperate housewife qui ne peut pas vivre 5 minutes sans son mari ! J’ai pris le taureau par les cornes et … j’ai finalement savouré. Une nuit solo. J’ai pu manger ce qui me plaisait, faire ce qui me plaisait, dormir de tout mon long dans le lit, bref, ne m’occuper que de moi (et des n’animaux, of course). Ce n’était pas si terrible. J’y ai même pris goût. Se dire que désormais, une fois par mois, j’aurai ce petit temps en tête à tête avec moi-même, c’est pas si désagréable. 

Là où ça m’a fait bizarre, cependant, c’est quand je suis partie moi aussi, à mon tour, 3 jours et 2 nuits loin de Charmante Compagnie. Un weekend entre filles, sous le signe de la danse. Je n’ai pas vu le temps passer, mais pour la première fois, c’est moi qui suis partie, en laissant mon petit monde à la maison. Quelle sensation étrange. J’avais l’impression d’avoir 20 ans, d’être libre et sans attache. En plus, je suis retournée dans ma ville, là où j’ai grandi … C’était bizarre. J’étais à la fois heureuse, et en même temps, il me manquait quelque chose … ou du moins quelqu’un … je me sentais incomplète. Et je ne te raconterai pas l’angoisse et la nuit blanche que je me suis tapée le samedi soir, quand je n’arrivais plus à joindre mon mari depuis le matin, 8h, que je l’imaginais mort dans un fossé … Non. Je ne le raconterai pas.
Aujourd’hui, je me sens prête. A rester seule, chez nous. A partir, un jour ou deux, avec mes amies. Sans culpabiliser. Sans être triste. Sans être incapable de vivre. Parce qu’avant d’être deux, je suis moi. Je suis unique. Je sais vivre et survivre seule, même si c’est toujours plus agréable de le faire en Charmante Compagnie.